La menace masculiniste : ce que révèle le dernier rapport du Haut Conseil à l’égalité

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) alerte sur une banalisation persistante du sexisme et des violences faites aux femmes en France, ainsi que sur une adhésion préoccupante à certaines thèses masculinistes.

Selon son dernier état des lieux, publié le 25 janvier dernier à l’occasion des journées nationales de lutte contre le sexisme, 84 % des femmes déclarent avoir déjà vécu au moins une situation sexiste.

Ces violences prennent des formes multiples et souvent cumulatives :

  • 62 % ont subi du harcèlement dit «de rue»,
  • 54 % ont été confrontées à des blagues ou commentaires sexistes,
  • 45 % à des sifflements ou interpellations à caractère sexuel.

Ces chiffres contrastent fortement avec les déclarations masculines :

  • seuls 7 % des hommes estiment être capables d’insister pour obtenir un rapport sexuel,
  • 26 % reconnaissent avoir déjà douté du consentement de leur partenaire,
  • et 24 % considèrent comme normal qu’une femme accepte un rapport sexuel «par devoir» ou pour faire plaisir à son partenaire.

Le rapport met également en lumière le cybersexisme, identifié comme la première forme de discours de haine en ligne, dont 84 % des victimes sont des femmes.
Pris ensemble, ces éléments dessinent une logique de domination, de contrôle et de banalisation des violences, s’inscrivant dans ce que le HCE qualifie de continuum des violences et d’une culture du viol toujours présente dans la société.

Comprendre le sexisme aujourd’hui

Le HCE rappelle la définition du sexisme établie par le Conseil de l’Europe :

Le sexisme est une idéologie fondée sur l’idée de l’infériorité des femmes par rapport aux hommes. Il se manifeste par des gestes, propos, pratiques ou comportements, allant des plus anodins en apparence (remarques, plaisanteries) aux plus graves (violences, viols, meurtres). Ces manifestations visent à délégitimer, stigmatiser, humilier ou violenter les femmes et ont des conséquences directes sur leur estime de soi, leur santé psychique et physique, ainsi que sur leurs comportements.

Un baromètre pour mesurer l’adhésion aux thèses sexistes

Ces constats s’appuient sur un baromètre reconduit chaque année par le HCE. Dans cette édition, la commission « Stéréotypes et rôles sociaux » a souhaité évaluer plus précisément l’adhésion aux thèses masculinistes et distinguer deux formes de sexisme :

  • Le sexisme paternaliste, un sexisme du quotidien, faussement bienveillant, qui légitime une répartition hiérarchisée des rôles entre femmes et hommes.
  • Le sexisme hostile, plus violent, marqué par une hostilité assumée envers les femmes, incluant des attitudes agressives ou dévalorisantes.

Égalité Femmes-hommes