La victimisation secondaire désigne les souffrances supplémentaires qu’une victime peut subir après les faits, au cours de son parcours auprès des institutions, des professionnels ou de son entourage.
Elle peut résulter d’un manque d’écoute, de propos culpabilisants, d’une remise en cause de sa parole, d’auditions répétées ou encore de délais excessifs. Ces expériences peuvent raviver le traumatisme, fragiliser la confiance envers les institutions et conduire certaines victimes à renoncer à leurs démarches.
Reconnue par la directive européenne 2012/29/UE, la prévention de la victimisation secondaire constitue aujourd’hui un enjeu majeur. Elle repose sur un accueil respectueux, une information claire, une écoute attentive et une coordination efficace entre les différents acteurs. Mieux accompagner les victimes, c’est favoriser leur accès effectif à leurs droits et contribuer à leur reconstruction.
Victimation et victimisation : de quoi parle-t-on ?
Le terme victimation est principalement utilisé dans le domaine statistique. Les enquêtes de victimation permettent de mesurer l’ampleur réelle des atteintes subies par la population, qu’elles concernent les biens ou les personnes, indépendamment du dépôt d’une plainte.
Ces travaux alimentent notamment les publications de l’Observatoire national des violences porté par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof).
Parmi les principales enquêtes figurent :
- Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS), conduite par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) depuis 2022 ;
- Cadre de vie et sécurité (CVS), menée de 2007 à 2021 par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) ;
- Genre et sécurité (GENESE), consacrée notamment aux violences sexistes et sexuelles.
La victimisation, quant à elle, renvoie davantage à la reconnaissance du vécu de victime. Employé dans les sciences sociales et les structures d’accompagnement, ce terme désigne le fait de considérer quelqu’un, ou de se considérer soi-même, comme une victime. Une notion qui rappelle l’importance d’un accompagnement adapté pour éviter que les démarches entreprises ne deviennent elles-mêmes une source de souffrance supplémentaire.