Auteur/autrice : Fanny

CONCOURS 2026 « La lutte contre les violences faites aux femmes nous concerne toutes et tous ! »

Contre les violences faites aux femmes, Le réseau départemental des droits des femmes en action

L’appel à contributions est ouvert du 15 septembre au 15 novembre 2026

Et si votre projet contribuait à faire reculer les violences faites aux femmes ? Le concours « La lutte contre les violences faites aux femmes nous concerne toutes et tous » revient pour valoriser les initiatives associatives qui sensibilisent, accompagnent, préviennent ou agissent concrètement en faveur de l’égalité. Ouvert aux associations du Gard, ce prix récompense des actions innovantes et engagées au service du territoire. Une belle occasion de faire connaître votre projet, de bénéficier d’un soutien pour le développer et de participer à une mobilisation collective contre les violences faites aux femmes.

Les modalités de participation sont précisées ICI

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Café littéraire autour du livre Le Procès – Des violences intrafamiliales à l’affaire Pelicot

Culture

La Maison des femmes organise un café littéraire à la libraire l’Agora à Nîmes le 25 septembre 19h, en présence de Julie Émile Fabre, l’autrice du livre « Le Procès. Des violences intrafamiliales à l’affaire Pelicot » ainsi que d’une médecin légiste du CHU.

Synopsis de l’autrice :

« Je n’ai pas été violée. On n’est pas venu, la nuit, tromper mon innocence dans mes draps, ni le jour, ni à l’heure du goûter, ni dans les toilettes, ni sur le chemin de l’école, ni en voiture sur la route des vacances, ni dans un bureau, ni le soir de mon anniversaire, ni les autres jours de la semaine, ni pendant un concert, ni dans les vestiaires, ni au détour d’un chemin de randonnée. Je n’ai pas été violée, mais le viol me concerne. »

Une permanence d’aide aux victimes pour accompagner les victimes dès les premières démarches

Contre les violences faites aux femmes

Maître Dembelé et Maître Atthenont, co-responsables de la permanence d’aide aux victimes du Barreau d’Alès, reviennent sur l’intérêt de ce dispositif créé par les avocats alésiens et sur l’importance d’un accompagnement juridique précoce des victimes.

Le Barreau d’Alès a créé une permanence d’aide aux victimes. À quels besoins du territoire cette initiative répond-elle et quels en sont les principaux objectifs ?

La permanence d’aide aux victimes du Barreau d’Alès a été créée en 2014, bien avant celle de la plupart des autres barreaux, à la seule initiative des avocats du Barreau d’Alès. Son objectif était notamment d’assurer la défense des victimes dans le cadre des procédures pénales d’urgence telles que les comparutions immédiates ou les comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC).

Dans ces procédures, les victimes n’étaient souvent averties que quelques heures avant l’audience et ne trouvaient pas toujours d’avocat pour les assister ou les représenter.

Elles se retrouvaient alors, déjà marquées par les infractions qu’elles venaient de subir, dans l’incapacité de se constituer partie civile ou d’évaluer leurs préjudices.

Les avocats du Barreau d’Alès ont souhaité que les droits des victimes soient tout autant préservés que ceux des prévenus, qui peuvent bénéficier de l’assistance d’un avocat commis d’office, y compris en urgence.

Aujourd’hui, les victimes peuvent :

  • contacter l’avocat de permanence via un numéro dédié, accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 ;
  • bénéficier de consultations gratuites organisées à la Maison de justice et du droit (MJD) d’Alès tous les deuxièmes mardis du mois ;
  • être accompagnées devant les juridictions pénales, civiles ou administratives.

Les avocats interviennent notamment dans les procédures d’ordonnance de protection devant le juge aux affaires familiales, les procédures concernant les mineurs victimes devant le juge des enfants ou encore les demandes d’indemnisation des préjudices.

La permanence est également membre du Comité local d’aide aux victimes (CLAV) du Gard et participe aux travaux conduits autour des violences intrafamiliales sur le territoire.

En quoi l’intervention d’un avocat, dès les premières démarches, constitue-t-elle un levier important pour sécuriser le parcours des victimes et faciliter l’accès à leurs droits ?

Il est indispensable que les avocats de la permanence puissent intervenir le plus tôt possible dans un dossier.

Le gouvernement a récemment ouvert l’aide juridictionnelle à l’assistance d’un avocat lors du dépôt de plainte pour les victimes qui peuvent en bénéficier. Cette évolution répond à une difficulté ancienne : même si ce droit existait dans les textes, aucune rémunération n’était prévue au titre de l’aide juridictionnelle.

Mais l’intervention de l’avocat est souhaitable, lorsque cela est possible, avant même le dépôt de plainte.

L’avocat peut en effet aider la victime à préparer son audition, à comprendre son déroulement et à appréhender les questions qui pourront lui être posées. Cet accompagnement permet également d’éviter que certaines démarches ou interrogations nécessaires à la qualification des faits soient perçues comme une remise en cause de sa parole.

Les avocats de la permanence peuvent aussi rédiger des plaintes adressées au procureur de la République, y compris dans les situations impliquant des enfants victimes.

Pourquoi le travail partenarial est-il essentiel dans l’accompagnement des victimes ?

Depuis sa création, la permanence participe à de nombreux colloques et travaux consacrés aux violences intrafamiliales et collabore avec plusieurs réseaux spécialisés ainsi qu’avec le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) du Gard, avec lequel une convention a été signée.

Pour les deux avocats, cette coopération est indispensable.

Elle permet aux victimes de bénéficier d’un accompagnement global, associant soutien juridique, accompagnement social et aide psychologique.

Concrètement, les professionnels peuvent orienter rapidement les victimes vers le partenaire le plus adapté à leurs besoins. Des réunions régulières sont également organisées afin de renforcer les liens entre les structures et améliorer la connaissance mutuelle des dispositifs.

Pour Maître Dembelé et Maître Atthenont, cette complémentarité constitue l’une des conditions essentielles d’une prise en charge efficace des victimes sur l’ensemble du territoire gardois.

 

Cybersexisme : les chiffres du Haut Conseil à l’égalité

Contre les violences faites aux femmes

84% des victimes de haines en ligne
sont des femmes – Cybersexisme

1 homme sur 4
estime qu’il est normal qu’une femme consente
à un rapport sexuel pour faire plaisir à leur conjoint.

Données du rapport 2026 du Haut Conseil à l’égalité sur l’état des lieux du sexisme en France : la menace Masculiniste

La victimisation secondaire : un enjeu majeur de l’accompagnement des victimes

Contre les violences faites aux femmes

La victimisation secondaire désigne les souffrances supplémentaires qu’une victime peut subir après les faits, au cours de son parcours auprès des institutions, des professionnels ou de son entourage.

Elle peut résulter d’un manque d’écoute, de propos culpabilisants, d’une remise en cause de sa parole, d’auditions répétées ou encore de délais excessifs. Ces expériences peuvent raviver le traumatisme, fragiliser la confiance envers les institutions et conduire certaines victimes à renoncer à leurs démarches.

Reconnue par la directive européenne 2012/29/UE, la prévention de la victimisation secondaire constitue aujourd’hui un enjeu majeur. Elle repose sur un accueil respectueux, une information claire, une écoute attentive et une coordination efficace entre les différents acteurs. Mieux accompagner les victimes, c’est favoriser leur accès effectif à leurs droits et contribuer à leur reconstruction.

Victimation et victimisation : de quoi parle-t-on ?

Le terme victimation est principalement utilisé dans le domaine statistique. Les enquêtes de victimation permettent de mesurer l’ampleur réelle des atteintes subies par la population, qu’elles concernent les biens ou les personnes, indépendamment du dépôt d’une plainte.

Ces travaux alimentent notamment les publications de l’Observatoire national des violences portées par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof).

Parmi les principales enquêtes figurent :

  • Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS), conduite par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) depuis 2022 ;
  • Cadre de vie et sécurité (CVS), menée de 2007 à 2021 par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) ;
  • Genre et sécurité (GENESE), consacrée notamment aux violences sexistes et sexuelles.

Repérer et mesurer la victimisation institutionnelle

Actions pour les droits des femmes, Droit & législation

Comment savoir si les démarches engagées après des violences ont elles-mêmes généré de nouvelles souffrances ? C’est à cette question que répond le projet de développement de l’Échelle d’évaluation de la revictimisation institutionnelle chez les femmes victimes de violences conjugales en France (ERI-FR).

Cet outil vise à évaluer les expériences de victimisation institutionnelle vécues par les femmes ayant engagé une procédure judiciaire après des violences au sein du couple.

Pourquoi développer un nouvel outil ?

Les victimes de violences conjugales sont confrontées à de nombreuses conséquences liées aux violences subies. L’objectif de l’ERI-FR est de vérifier qu’une souffrance supplémentaire n’a pas été induite par le parcours judiciaire lui-même.

Une construction scientifique

L’élaboration de l’outil repose sur une méthodologie rigoureuse associant des entretiens réalisés auprès de dix femmes victimes, une revue de la littérature scientifique, l’expertise de cinq spécialistes du sujet ainsi qu’un prétest mené auprès de cinquante participantes.

Quatre dimensions évaluées

La version finale comprend 19 items répartis en quatre dimensions :

  • Discréditation et culpabilisation : remise en cause de la parole ou responsabilisation de la victime.
  • Hostilité institutionnelle : attitudes perçues comme peu empathiques, hostiles ou sexistes.
  • Gestion défaillante du dossier : difficultés administratives, manque de coordination ou insuffisance de formation.
  • Insuffisance de suivi : absence d’accompagnement après le dépôt de plainte ou difficultés liées aux mesures de protection.

À quoi servira-t-elle ?

L’ERI-FR pourra contribuer à évaluer la qualité des réponses institutionnelles, identifier les situations de revictimisation institutionnelle, mesurer l’impact des formations professionnelles, accompagner l’évaluation des politiques publiques et soutenir les travaux de recherche.

Les femmes invisibilisées de l’Histoire de l’art : le replay de la conférence est disponible

Culture

Replay de la conférence sur les causes de l’invisibilité des artistes femmes dans l’histoire de l’art

Alors que les expositions consacrées aux artistes femmes se multiplient et que des créatrices pourtant reconnues de leur vivant, comme Alice Guy, Suzanne Valadon ou Charlotte Perriand, sont progressivement redécouvertes, les raisons de leur invisibilité dans l’histoire de l’art restent encore peu questionnées.

Cette conférence organisée aux Archives départementales du Gard propose d’explorer les mécanismes qui ont contribué à cet effacement, depuis les conditions d’apprentissage des artistes jusqu’à la reconnaissance posthume de leurs œuvres.

À l’issue de l’intervention, un échange avec les représentantes des Archives départementales du Gard, de la Conservation départementale du Gard et du musée des Beaux-Arts de Nîmes a permis de faire le point sur les actions menées en faveur de la reconnaissance des artistes femmes.

Tout au long de la rencontre, une facilitation graphique en direct a été réalisée par l’artiste Alyss Fleury, tandis que des œuvres d’artistes femmes étaient présentées et commentées.

Intervenantes : Corine Girieud, Barbara Gouget, Lucienne Del’Furia, Fanny Charton et Corinne Porte.

Le masculinisme, une radicalité antiféministe sous surveillance

Égalité Femmes-hommes

Le lancement d’une mission parlementaire sur les masculinismes en novembre 2025 visait à analyser la progression et la dangerosité des réseaux et discours antiféministes.

Portée par la Délégation aux droits des femmes du Sénat, cette initiative s’inscrit dans la continuité de travaux consacrés aux violences faites aux femmes et à l’égalité.

Après sept mois d’auditions et d’analyses, le rapport « Mascus : la nouvelle offensive contre les femmes » formule 24 recommandations destinées à lutter contre l’influence des mouvements masculinistes et à mieux protéger les jeunes. Les propositions s’articulent autour de quatre axes : faire de la lutte contre le masculinisme un enjeu majeur de politique publique, réguler les contenus numériques, prévenir les phénomènes de radicalisation et mobiliser l’ensemble de la société.

Le rapport souligne que ces mouvements s’attaquent aux droits des femmes et au principe d’égalité entre les femmes et les hommes. Leur discours contribue également à discréditer la parole des femmes et alimente des phénomènes de cyberharcèlement visant notamment les associations et dispositifs d’aide aux victimes.

Les sénatrices estiment que « les mouvements masculinistes représentent un risque réel pour notre démocratie et notre cohésion sociale ». Certaines recommandations rejoignent par ailleurs les analyses du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes concernant la menace que représentent ces mouvements.

Ressource associée : Rapport Mascus : la nouvelle offensive contre les femmes.

Organisation judiciaire en matière de violences au sein du couple

Droit & législation

Deux procédures peuvent être engagées simultanément afin d’assurer à la fois la protection des victimes et la sanction des auteurs.

La procédure pénale débute par le dépôt d’une plainte ou un signalement, suivi d’une enquête dirigée par le procureur de la République. Selon la nature et la gravité des faits, l’affaire est jugée par le tribunal correctionnel pour les délits, tels que les violences, les menaces, le harcèlement ou les agressions sexuelles. Les crimes, notamment les viols, relèvent quant à eux de la cour criminelle départementale ou de la cour d’assises.

En parallèle, la procédure civile permet au juge aux affaires familiales de prendre rapidement des mesures destinées à protéger les victimes. Il peut notamment délivrer une ordonnance de protection, prononcer l’éviction du conjoint violent, interdire tout contact ou statuer sur certaines mesures concernant les enfants.

Une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelle

Contre les violences faites aux femmes

Une coalition féministe réunissant de nombreuses associations et organisations porte aujourd’hui un projet de loi-cadre destiné à renforcer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants.

Forte de 140 propositions, cette loi entend apporter une réponse d’ampleur aux violences sexuelles et sexistes. Elle vise à renforcer la prévention et l’éducation, améliorer la protection des enfants, accompagner davantage les victimes, développer une justice spécialisée et garantir des moyens financiers adaptés afin de lutter plus efficacement contre l’impunité.

Une mobilisation inédite

Ce projet intervient dans un contexte de forte mobilisation citoyenne et associative. Plus de 343 000 personnes ont signé une pétition en faveur d’une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles et près de 150 associations, organisations de la société civile et corps intermédiaires ont participé à l’élaboration des propositions.

Cette mobilisation a conduit à la saisine du Conseil économique, social et environnemental (CESE), qui a rendu son avis le 16 juillet 2026.

L’analyse du Conseil économique, social et environnemental

L’institution a examiné les conditions nécessaires à l’application concrète de la future loi et identifie quatre priorités.

Faire de la prévention le socle de la lutte contre les violences

Le Conseil économique, social et environnemental estime que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ne peut reposer uniquement sur la réponse pénale. Il préconise le développement effectif de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), le repérage précoce des situations à risque et le renforcement de la formation des professionnels.

Garantir les moyens nécessaires

Le Conseil économique, social et environnemental souligne les difficultés rencontrées par la justice, les forces de sécurité, la protection de l’enfance, la santé, l’Éducation nationale et le secteur associatif. Il recommande un plan interministériel doté de financements pérennes.

L’institution insiste également sur la nécessité de former les professionnels aux biais liés aux stéréotypes de genre, d’origine, d’orientation sexuelle ou encore aux conditions de vie.

Renforcer le soutien au monde associatif

Les associations sont identifiées comme des acteurs essentiels de la prévention, de l’accès aux droits et de l’accompagnement des victimes. Le Conseil économique, social et environnemental appelle à sécuriser leurs financements sur le long terme.

Garantir l’accès aux droits pour toutes et tous

Enfin, l’institution rappelle la nécessité d’adapter les politiques publiques aux réalités vécues par les victimes, notamment les enfants, les femmes en situation de handicap, de précarité ou confrontées à des discriminations.

Quelle suite ?

Portée dans la rue lors des manifestations du 4 juillet, y compris dans le Gard, la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles doit être déposée à la mi-août pour un examen parlementaire dès la rentrée.