Auteur/autrice : Fanny

Violences et canicule : quels liens ?

Contre les violences faites aux femmes

Pourquoi les violences conjugales augmentent quand les températures sont hautes ?

La vague de chaleur n’en fini plus, les violences augmentent inexorablement : pourquoi ?

Étant donné les fortes chaleurs en cours et en plus des risques de sécheresse et incendies, les violences au sein du couple augmentent !tâchons de comprendre pourquoi ?

La situation chaleurs, les vagues de chaleur qui s’éternisent génèrent davantage de stress, d’irritabilité et de tensions sociales comme décrit par le chercheur Kevin Jean.

En outre, L’ONU pointe que le changement climatique ne menace pas uniquement l’environnement : il accentue aussi certaines inégalités et violences déjà existantes. Les études montrent que les épisodes de fortes chaleurs, les catastrophes naturelles, les déplacements forcés ou encore la précarité économique peuvent augmenter les risques de violences faites aux femmes et aux filles.

Pour illustrer, Care France a réalisé une campagne de sensibilisation que vous retrouverez ci-après.

Degrés de violence. Quand la chaleur attise les violences faites aux femmes : l’alerte de CARE France – Care

Dans le Gard, les cartes « le Gard pour les femmes » rappellent qu’en France, les femmes victimes de violences peuvent contacter le 3919, numéro gratuit, anonyme et accessible 24h/24 tout en donnant l’accès au site aidesauxfemmes-gard.fr et sa cartographie dédiée.

Coupe du monde des violences faites aux femmes !

Contre les violences faites aux femmes

Les bleus en ¼ de finale à  des risques supplémentaires de violences au sein du couple !

Avec l’effervescence de la compétition de football, les violences au sein du couple augmentent sensiblement.

Les matchs, c’est une forte charge émotionnelle, une consommation d’alcool, des frustrations, des matchs en décalage horaires et donc une fatigue qui est également augmentée par les fortes chaleurs (à suivre un article dédié)

Selon ONU Femmes et l’UNESCO, lors de méga évènements sportifs -comme la coupe du monde- les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée par tous types de violences commises à leur encontre par des hommes.

Autour de temps sportifs et festifs,

  • en plus des violences subies par les femmes athlètes et des staffs, il est constaté des propos sexistes à destination de supportrices, du harcèlement, des agressions sexuelles jusqu’à de la traite des être humains.
  • ces violences sont aussi constatées dans les foyers avec une augmentation jusqu’à + 30 % de violences au sein du couple.
  • pour lire le rapport pdf

En 2016 lors de l’Euro, la campagne française « Je ne supporte pas les bleus » a pu marquer les esprits.

Prendre la parole dans cette atmosphère de liesse et d’effervescence où tout un pays est derrière son équipe avec le slogan “Je ne supporte pas les bleus“ s’est imposé comme une évidence. Le double sens du message donne toute sa force à la campagne qui a pour but d’interpeller l’opinion publique sur un sujet aussi grave que tabou. »  confie Helmi, le réalisateur.

Dans le Gard, les cartes « le Gard pour les femmes » rappellent qu’en France, les femmes victimes de violences peuvent contacter le 3919, numéro gratuit, anonyme et accessible 24h/24 tout en donnant l’accès au site aidesauxfemmes-gard.fr et sa cartographie dédiée.

Manuel à l’intention des décideurs politiques et des professionnels du sport

Signaler une maltraitance : Victime ou témoin de maltraitances envers un adulte vulnérable, je signale en appelant le 3133 ou en complétant le formulaire en ligne

Actions pour les droits des femmes, Contre les violences faites aux femmes, Droit & législation

Entré en service le 1er mars 2026, le 3133 devient le numéro national dédié à la lutte contre les maltraitances, en remplacement du 3977.

Accessible gratuitement, sept jours sur sept de 9h à 20h, ce numéro s’adresse à tous : victimes, proches, aidants ou simples témoins d’une situation préoccupante.

Les appelants bénéficient d’une écoute assurée par des professionnels formés, qui analysent la situation et proposent un accompagnement adapté. Le dispositif permet d’obtenir conseils et écoute sans jugement, d’orienter vers les services compétents, et, si nécessaire, de transmettre le signalement aux autorités concernées (agences régionales de santé, conseils départementaux ou services de l’État).

Ce dispositif permet d’effectuer un signalement écrit, y compris en dehors des horaires d’ouverture du 3133. Il vise à faciliter la prise de parole et à lever les freins au signalement, notamment pour les personnes ne souhaitant pas ou ne pouvant pas passer un appel.

Les signalements effectués sont ensuite analysés et orientés vers les autorités compétentes pour un traitement adapté.

Violences sexistes et sexuelles en France : de quoi parle- t-on ?

Contre les violences faites aux femmes

En France, l’expression « violences sexistes et sexuelles » est de plus en plus utilisée dans le débat public, les médias et les politiques publiques. Mais derrière cette formule large se cache une réalité complexe, multiforme et encore largement sous-estimée.

Une définition large, ancrée dans les inégalités de genre

Les violences sexistes et sexuelles désignent l’ensemble des violences exercées en raison du genre d’une personne. Elles touchent majoritairement les femmes et s’inscrivent dans un contexte d’inégalités persistantes.

Les violences peuvent être verbales, psychologiques, physiques, sexuelles, économiques ou symboliques, et se produire aussi bien dans l’espace privé, (Violences intrafamiliales, au sein du couple) que dans l’espace public, au travail, à l’école ou en ligne. Ces dernières, qui sont de plus en plus nombreuses, sont nommées cyberviolences, il s’agit, la plupart du temps, de « revenge porn » :  vengeance pornographique, un phénomène qui désigne le fait de rendre publique, sans le consentement de la victime, des images ou propos à caractère érotique échangés dans un cadre privé. Il peut s’agir aussi de menaces, de harcèlement en ligne… 

Des formes multiples, souvent banalisées

Les violences sexistes et sexuelles recouvrent notamment :

  • le sexisme ordinaire (propos dégradants, stéréotypes, humiliations)
  • le harcèlement sexuel (remarques, gestes, pressions à connotation sexuelle)
  • le harcèlement de rue
  • les agressions sexuelles
  • le viol
  • le féminicide

Une réalité massive, mais encore sous déclarée

Les chiffres montrent l’ampleur du phénomène : une femme sur trois déclare avoir été victime de violences sexistes ou sexuelles au cours de sa vie. Pourtant, seule une minorité des victimes dépose plainte.

La peur des représailles, la honte, la dépendance économique, le manque de preuves, la crainte de ne pas être crue ou la complexité des démarches judiciaires expliquent en grande partie ce silence. Dans les violences sexuelles, en particulier, l’immense majorité des faits ne donne lieu à aucune procédure judiciaire.

Cette proximité rend la dénonciation plus difficile et accentue l’emprise psychologique sur les victimes.

Un enjeu de société  et de santé publique

Les violences sexistes et sexuelles ont des conséquences durables : traumatismes psychologiques, troubles de la santé, ruptures professionnelles, isolement social, précarité économique. Elles constituent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique, mais aussi un défi démocratique.

Depuis plusieurs années, la parole des victimes s’est libérée, notamment grâce aux mouvements féministes. Cette visibilité accrue a permis des avancées législatives et une meilleure prise de conscience collective, sans pour autant mettre fin à l’impunité ni aux résistances culturelles.

Nommer pour combattre

Parler de violences sexistes et sexuelles, c’est reconnaître que ces violences ne sont ni accidentelles ni individuelles. Elles sont le produit de rapports de domination encore profondément ancrés dans la société.

Les nommer, les mesurer et les rendre visibles est une étape essentielle pour mieux les prévenir, mieux protéger les victimes et faire reculer un phénomène qui, en France, reste massif et systémique.

Béatrice BERTRAND
Directrice du CIDFF GARD

Comprendre la différence entre plainte, main courante et signalement au parquet

Droit & législation

Comprendre la différence entre plainte, main courante et signalement au parquet

Face aux violences conjugales, plusieurs dispositifs permettent de saisir ou d’alerter la justice en France. Plainte, main courante, signalement au parquet : ces démarches, souvent confondues, n’ont pourtant ni la même portée ni les mêmes conséquences pour les victimes.

1. La plainte : déclenchement de la procédure pénale.

La plainte est une démarche par laquelle la victime signale une infraction pénale et demande l’intervention de la justice. Elle peut être déposée auprès de la police, de la gendarmerie, ou directement auprès du procureur de la République.

Dans les affaires de violences conjugales, la plainte entraîne la transmission du dossier au parquet, qui décide des suites à donner : ouverture d’une enquête, poursuites pénales, mesures de protection ou classement sans suite. Elle constitue le socle de la réponse judiciaire et permet la reconnaissance officielle du statut de victime.

Les forces de l’ordre ont l’obligation légale d’enregistrer une plainte et ne peuvent orienter la victime vers une autre démarche contre sa volonté.

2. La main courante : une trace sans poursuites

La main courante consiste à faire consigner des faits par les services de police ou de gendarmerie, sans déclencher de procédure judiciaire. Elle ne donne lieu ni à une enquête ni à des poursuites pénales, et le procureur de la République n’est en principe pas saisi.

Dans le cadre des violences conjugales, la main courante est parfois présentée comme une solution intermédiaire ou moins engageante. En réalité, elle n’offre aucune protection immédiate à la victime. Elle peut servir à établir une chronologie des faits en cas d’aggravation, mais elle ne constitue pas une réponse judiciaire adaptée à une situation de violence.

3. Le signalement au parquet : alerter la justice sans plainte

Le signalement au parquet permet d’informer le procureur de la République de faits de violences conjugales, même en l’absence de plainte de la victime. Il peut être effectué par les forces de l’ordre, des professionnels de santé, des travailleurs sociaux ou certaines institutions.

Ce dispositif répond à une réalité fréquente : de nombreuses victimes ne portent pas plainte, par peur, sous emprise ou par manque de ressources. Le signalement vise alors à permettre une évaluation du danger et une éventuelle intervention judiciaire.

À réception du signalement, le procureur peut décider d’ouvrir une enquête, de convoquer les personnes concernées, de diligenter une évaluation de la situation ou, dans certains cas, de classer le dossier.

Si ces dispositifs coexistent, leurs effets sont profondément inégaux.

  • La plainte engage pleinement la justice.
  • La main courante se limite à une trace administrative.
  • Le signalement au parquet constitue une alerte, mais ne garantit ni poursuites ni protection automatique.

Dans les politiques publiques de lutte contre les violences conjugales, l’enjeu est donc double : mieux informer les victimes sur leurs droits et éviter que certaines démarches, moins contraignantes en apparence, ne retardent une prise en charge judiciaire indispensable.

Un choix aux conséquences déterminantes

Dans un contexte où les violences conjugales restent massives, la distinction entre ces trois dispositifs n’est pas seulement juridique. Elle conditionne l’accès à la protection, à la reconnaissance et à la justice.

Comprendre ces mécanismes, c’est aussi rappeler que la réponse aux violences conjugales ne peut reposer uniquement sur le courage des victimes, mais sur une mobilisation effective de l’ensemble des institutions.

Tableau récapitulatif

 PlainteMain couranteSignalement au parquet
Qui peut initier la démarche ?La victime (ou son représentant légal)La victimeTiers : police, professionnels de santé, travailleurs sociaux, institutions
Saisine du procureur✅ Oui❌ Non✅ Oui
Déclenche une enquête✅ Possible❌ Non✅ Possible
Engage des poursuites pénales✅ Possible❌ Non⚠️ Pas automatique
Protection immédiate✅ Possible❌ Aucune⚠️ Éventuelle
Valeur juridiqueForteFaibleIntermédiaire
Reconnaissance du statut de victime✅ Oui❌ Non⚠️ Partielle
Utilité principaleFaire juger les faits et protéger la victimeLaisser une trace administrativeAlerter la justice en cas de danger
Adaptée aux violences conjugales✅ Oui⚠️ Très limitée⚠️ En complément
Peut remplacer une plainte ?❌ Non❌ Non

Béatrice BERTRAND
Directrice du CIDFF GARD

Protéger les victimes et prévenir la récidive : l’action du parquet de Nîmes

Droit & législation

Interview de Madame Nathalie WELTE, Procureure de la République adjointe, Tribunal judiciaire de Nîmes

Quel traitement judiciaire des violences intra-familiales au parquet de Nîmes ?

Le traitement des violences intra-familiales est assuré au sein du parquet de Nîmes par trois magistrates spécialisées en matière d’infractions commises au sein de la famille, avec l’aide d’une attachée de justice rattachée à cette section. Elles traitent au quotidien et en temps réel l’ensemble des faits de violences intra-familiales survenant sur le ressort, dans le cadre d’une politique pénale déclinée en trois axes majeurs : la protection des victimes, la répression des faits de violence et la prévention de la récidive. Une réponse pénale systématique est apportée aux faits de violences commis au sein du couple, graduée en fonction de la gravité des faits et de la personnalité de l’auteur. Elle va de la composition pénale (qui peut comprendre une obligation de suivre un stage de sensibilisation aux violences commises au sein du couple ou encore une interdiction de contact avec la victime) à la comparution immédiate devant le tribunal avec réquisitions de mandat de dépôt, en passant par la convocation remise dans le cadre d’un déferrement par la procureure de la République et assortie d’un placement sous contrôle judiciaire.

Quels sont les outils de protection que vous utilisez ?

Afin de prendre en compte les besoins de protection spécifiques de chaque victime de violences conjugales, une première évaluation est réalisée au stade de la prise de plainte par les officiers de police judiciaire, à l’aide d’une trame d’audition spécifique complétée par une grille d’évaluation du danger. Ces documents sont transmis dès le début de l’enquête au parquet, qui peut décider de confier à l’Association Gardoise d’ Aide aux Victimes d’ Infractions Pénales (AGAVIP) une mission d’évaluation approfondie de la situation de la victime et/ou de solliciter le centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) pour évaluer la nécessité de lui remettre un téléphone grave danger. La connaissance de la situation et des besoins exprimés par la victime permet également d’adapter la réponse pénale, notamment en imposant à l’auteur, rapidement après les faits et en amont de son jugement, une interdiction de contact ainsi, le cas échéant, qu’une éviction du domicile. Ces interdictions peuvent, dans les situations les plus graves, être assorties de l’obligation pour l’auteur de porter un bracelet anti-rapprochement. Ce dispositif permet de surveiller en temps réel l’absence de contact entre l’auteur et la victime. Enfin, la suspension automatique depuis la loi du 18 mars 2024 des droits de visite et d’hébergement du parent auteur à l’égard des enfant communs, dès le stade des poursuites, est de nature à garantir la sécurité à la fois des enfants et du parent victime.

Quelles sont les nouveautés pour l’année 2026 en matière de violences intra-familiales ?

L’année 2026 va être celle de la création des audiences dédiées aux violences intrafamiliales, dans une logique de spécificité de ce contentieux et de spécialisation des intervenants en la matière. Les premières audiences se tiendront au printemps 2026 et permettront notamment une présence accrue de l’ Association Gardoise d’Aide aux Victimes d’ Infractions Pénales (AGAVIP) au soutien des victimes convoquées. Un travail est mené en parallèle au sein du pôle spécialisé associant magistrats du siège et du parquet afin de réunir dans le dossiers concernés un maximum d’informations sur la famille, notamment s’agissant des décisions prises par le juge aux affaires familiales ou le juge des enfants. Enfin, la juridiction investit désormais pleinement les outils numériques de suivi de la politique pénale en matière de violences intrafamiliales, et continuera d’animer les instances partenariales précieuses pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes.

Nathalie WELTE,
Procureure de la République adjointe, Tribunal judiciaire de Nîmes

Réhabiliter les femmes condamnées pour avortement : le premier pas de la réparation

Actions pour les droits des femmes, Droit & législation

50 ans après la dépénalisation de l’avortement, la France souhaite réparer une injustice et restaurer la dignité de toutes les femmes condamnées.

Plus de 11 660 personnes ont été condamnées pour avoir pratiqué ou eu recours à un avortement de 1810 et ce jusqu’en 1975. (Donc avant son abrogation par la loi du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de la grossesse – IVG)

*Référence : Loi du 29 décembre 2025 visant à reconnaître le préjudice subi par les personnes condamnées sur le fondement de la législation pénalisant l’avortement et par toutes les femmes avant la loi n° 75-17 du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de la grossesse.

Photolangage® : comprendre comment les stéréotypes de genre nourrissent les inégalités et les violences faites aux femmes

Culture, Égalité Femmes-hommes

Le réseau départemental des droits des femmes du Gard s’est doté d’un nouvel outil pédagogique : le Photolangage®, dédié au continuum des violences faites aux femmes.

Depuis septembre 2025, un groupe de travail pluridisciplinaire réunit de nombreux partenaires gardois pour concevoir cet outil.

Ce collectif rassemble des structures issues de champs variés : éducation populaire, jeunesse, éducation à la vie relationnelle et sexuelle, accompagnement des femmes et des victimes, action sociale ou encore inclusion des publics vulnérables. Il bénéficie également du soutien de l’association Photolangage® et de la mission égalité femmes-hommes du Conseil départemental du Gard.

Ancré dans la réalité de terrain, le travail s’appuie sur une enquête ayant recueilli 50 contributions. Les témoignages, issus de différents espaces de vie (famille, école, travail, réseaux sociaux, institutions), mettent en lumière des expériences concrètes et révélatrices des mécanismes sociaux.

Les analyses font apparaître : sexisme ordinaire, stéréotypes de genre, charge mentale, inégalités salariales et banalisation des violences sexistes et sexuelles. Ces phénomènes, souvent décrits dans le quotidien, s’inscrivent en réalité dans un système social plus large, à la fois à l’échelle des interactions individuelles et des organisations et normes culturelles.

La banalisation des violences contribue à freiner la parole et à renforcer l’impunité. Les contributions soulignent également l’influence des médias et des réseaux sociaux dans la diffusion de normes genrées, ainsi que la nécessité de nommer les mécanismes à l’œuvre, notamment autour de la culture du viol et des rapports de domination.

Face à ces constats, le groupe de travail insiste sur l’importance de passer de la prise de conscience à l’action collective. Le Photolangage® permettra de travailler sur la déconstruction des stéréotypes, le consentement, le respect de soi et des autres, ainsi que sur l’implication de toutes et tous te donc des hommes et des garçons comme acteurs du changement.

Parmi les priorités identifiées, figurent également la formation au repérage des violences et la sécurisation des espaces de parole, en lien avec les travaux de l’Observatoire des violences faites aux femmes.

Ce travail rappelle enfin que les violences faites aux femmes et les inégalités de genre ne relèvent pas de situations isolées, mais d’un système de normes profondément ancré.

Dans la continuité des travaux du Haut Conseil à l’Égalité, quatre visées éducatives ont été retenues :

  • déconstruire et transformer les stéréotypes de genre,
  • prendre conscience et comprendre l’organisation sociétale des inégalités,
  • comprendre le continuum des violences faites aux femmes et ses configurations contemporaines,
  •  permettre à chacune et chacun d’être actrice et acteur du changement.

Journée Hybride sur les dissociations traumatiques

Santé

Le Centre Régional pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles du Languedoc Roussillon (CRIAVS-LR) du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpellier organise une journée hybride grand public gratuite sur le thème « dissociation traumatique : quand l’esprit se coupe de ce qu’il vit. Quelle place chez les victimes et auteurs de violences sexuelles ? »

📍 Amphithéâtre Lapeyronie – CHU de Montpellier

📅 le 4 juin 2026 de 9h à 17h

Cette journée réunira cliniciens, experts psychiatriques et juridiques pour mieux comprendre les mécanismes de dissociation traumatique, ses manifestations chez les victimes et les enjeux qu’elle soulève dans la compréhension et l’accompagnement des auteurs.

Le non-consentement est inscrit dans la loi

Droit & législation

« Constitue une agression sexuelle tout acte sexuel non consenti commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur […]. »
Article 222-22 du code pénal

La loi pénale du 6 novembre 2025 intègre explicitement le non-consentement de la victime dans la définition du viol et des autres agressions sexuelles.

Elle précise que le consentement doit être libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable. L’objectif est de passer d’une culture du viol à une culture du consentement.

La Fédération nationale des centres d’information des femmes et des familles (FN-CIDFF) parle d’« une victoire pour les droits des femmes et une avancée pour toutes les victimes ».

Qu’est-ce que cela change ?

Un changement dans la manière d’enquêter

L’introduction du consentement dans la définition pénale du viol change le regard porté sur l’enquête.

Le travail des magistrates et magistrats s’oriente désormais vers une question centrale :
quels moyens la personne accusée a-t-elle mis en place pour s’assurer du consentement libre, continu et éclairé de l’autre personne ?

La loi invite aussi à mieux prendre en compte les circonstances du contexte, par exemple :

  • une relation d’autorité ou de pouvoir ;
  • une situation de vulnérabilité de la victime.

La question devient plutôt : la personne accusée a-t-elle pris des mesures raisonnables pour s’assurer du consentement ?
Ces mesures doivent être évaluées au regard de la situation et du contexte.