Catégorie : Culture

Photolangage® : comprendre comment les stéréotypes de genre nourrissent les inégalités et les violences faites aux femmes

Culture, Égalité Femmes-hommes

Le réseau départemental des droits des femmes du Gard s’est doté d’un nouvel outil pédagogique : le Photolangage®, dédié au continuum des violences faites aux femmes.

Depuis septembre 2025, un groupe de travail pluridisciplinaire réunit de nombreux partenaires gardois pour concevoir cet outil.

Ce collectif rassemble des structures issues de champs variés : éducation populaire, jeunesse, éducation à la vie relationnelle et sexuelle, accompagnement des femmes et des victimes, action sociale ou encore inclusion des publics vulnérables. Il bénéficie également du soutien de l’association Photolangage® et de la mission égalité femmes-hommes du Conseil départemental du Gard.

Ancré dans la réalité de terrain, le travail s’appuie sur une enquête ayant recueilli 50 contributions. Les témoignages, issus de différents espaces de vie (famille, école, travail, réseaux sociaux, institutions), mettent en lumière des expériences concrètes et révélatrices des mécanismes sociaux.

Les analyses font apparaître : sexisme ordinaire, stéréotypes de genre, charge mentale, inégalités salariales et banalisation des violences sexistes et sexuelles. Ces phénomènes, souvent décrits dans le quotidien, s’inscrivent en réalité dans un système social plus large, à la fois à l’échelle des interactions individuelles et des organisations et normes culturelles.

La banalisation des violences contribue à freiner la parole et à renforcer l’impunité. Les contributions soulignent également l’influence des médias et des réseaux sociaux dans la diffusion de normes genrées, ainsi que la nécessité de nommer les mécanismes à l’œuvre, notamment autour de la culture du viol et des rapports de domination.

Face à ces constats, le groupe de travail insiste sur l’importance de passer de la prise de conscience à l’action collective. Le Photolangage® permettra de travailler sur la déconstruction des stéréotypes, le consentement, le respect de soi et des autres, ainsi que sur l’implication de toutes et tous te donc des hommes et des garçons comme acteurs du changement.

Parmi les priorités identifiées, figurent également la formation au repérage des violences et la sécurisation des espaces de parole, en lien avec les travaux de l’Observatoire des violences faites aux femmes.

Ce travail rappelle enfin que les violences faites aux femmes et les inégalités de genre ne relèvent pas de situations isolées, mais d’un système de normes profondément ancré.

Dans la continuité des travaux du Haut Conseil à l’Égalité, quatre visées éducatives ont été retenues :

  • déconstruire et transformer les stéréotypes de genre,
  • prendre conscience et comprendre l’organisation sociétale des inégalités,
  • comprendre le continuum des violences faites aux femmes et ses configurations contemporaines,
  •  permettre à chacune et chacun d’être actrice et acteur du changement.

Le consentement expliqué avec une tasse de thé

Culture

La vidéo Tea Consent de Blue Seat Studios explique simplement le consentement aux relations sexuelles en utilisant la métaphore d’une tasse de thé.

Dans cette animation de 2 min 50, différents personnages illustrent des situations où l’on propose ou refuse du thé. La voix off invite le public à remplacer le thé par une relation sexuelle pour mieux comprendre la notion de consentement. Un outil pédagogique efficace, même pour les plus jeunes (dès 3 ans). Efficace !

Clémence en colère – livre

Culture

La colère n’est pas une émotion si négative, si l’on parvient à l’apprivoiser… elle peut même être précieuse, surtout pour celles et ceux à qui on la reproche. Mais tout comme la tristesse est une émotion nuancée, parfois douce, parfois terrible, qui se savoure ou qui entraîne la chute, la colère est complexe.

Dans Clémence en colère, Mirion Malle et son héroïne Clémence nous montrent que la colère peut parfois nous dévorer, mais qu’elle peut aussi être joyeuse, féroce et donner de la force. Au fil d’un récit émouvant et puissant rythmé par les séances d’un groupe de parole réunissant des femmes victimes de violences, nous suivons la reconstruction et l’évolution de Clémence.

La force du collectif, le soutien, l’amour et l’amitié sont au cœur de ce roman graphique qui vient clore le cycle initié en 2020 avec le titre « C’est comme ça que je disparais ».

Mirion Malle est dessinatrice et autrice de bande dessinée.

Elle a fait, entre autres, des études de bande dessinée à l’ESA Saint-Luc (Bruxelles), est titulaire d’un master de sociologie et d’études féministes, et a vécu entre Paris, Bruxelles et Montréal. Elle est l’autrice de « Commando Culotte » (paru en 2016 aux éditions Ankama) ainsi que de « La Ligue des super-féministes », « C’est comme ça que je disparais » et « Adieu triste amour » (parus en 2019, 2020 et 2022 aux éditions la ville brûle).

Source article : Maison d’édition la ville brûle

Clémence en colère par Mirion Malle

Jeu : Violences sexistes et sexuelles, changeons les règles

Contre les violences faites aux femmes, Culture

« VSS, changeons les règles » est un jeu de cartes créé par la fédération national centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) à destination des étudiantes et étudiants de l’enseignement supérieur. Il a pour objectif de les sensibiliser aux violences sexuelles et sexistes (VSS) auxquelles les jeunes peuvent-être exposés au cours de leurs études !

Il allie des astuces pour réagir à des situations sexistes, des propos stéréotypés ; des conseils pour savoir où et à qui demander de l’aide selon la situation mais aussi des questions pour tester ses connaissances vis-à-vis des VSS.

Plus qu’un jeu, ces cartes servent à ouvrir la discussion sur ces sujets, créer possiblement du débat, ouvrir les yeux sur des situations parfois banalisées, ou encore rappeler que le consentement n’existe que s’il est libre, éclairé et spécifique, c’est-à-dire que le consentement est propre à chaque situation.

Le point fort du jeu : pouvoir l’emmener partout et même utiliser les cartes pour jouer à un jeu plus classique (bataille, belotte, président…)

Gisèle Pelicot – Et la joie de vivre

Culture

La révélation des crimes commis par Dominique Pelicot contre son épouse, Gisèle Pelicot, a provoqué un choc et contribué à une prise de conscience internationale des violences sexuelles.

Dans ce récit, la joie apparaît comme un acte de résistance et de dignité face à l’horreur des viols subis. Gisèle Pelicot est devenue un symbole contemporain de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Son histoire porte un message fort : la honte doit changer de camp.

Le livre s’ouvre sur le moment où les crimes sont découverts, mais il remonte aussi le fil de la vie de Gisèle Pelicot : son enfance, son parcours et la manière dont elle s’est construite malgré l’épreuve, en s’attachant à préserver la joie.

L’historienne Michelle Perrot décrit Gisèle Pelicot comme une « éveilleuse », notamment pour avoir refusé le huis clos lors du procès, permettant ainsi à la société de regarder ces violences en face. Son histoire a ému bien au-delà des frontières françaises. Diffusé dans de nombreux pays, le livre s’est rapidement hissé parmi les meilleures ventes en France.

Écrit avec Judith Perrignon, ce témoignage retrace aussi la décision courageuse de Gisèle Pelicot de rendre public le procès de ses agresseurs, un geste qui encourage les victimes à ne plus porter la honte.

Extrait de la quatrième de couverture

« Cette histoire ne m’appartient plus totalement. Elle a réveillé une douleur muette et profonde, montée de la nuit des temps. Elle a suscité la sidération. Comment comprendre ce qui m’est arrivé, ce que mon calvaire a ensuite déclenché ?
Il m’a fallu marcher le long d’une faille, la mienne. Comme le funambule sur la corde raide, je dois avancer.
Je voudrais par ce livre mettre des mots sur ce que j’ai traversé. Dire que je n’ai plus peur d’être seule, que j’ai retrouvé la joie de vivre.
Dire que je suis vivante. »

Mon harceleur – série sur Arte en 24 épisodes

Culture

Lassée d’être constamment abordée dans la rue, elle propose à l’homme qui la suit ce jour-là de faire un selfie. Il accepte et sourit devant l’objectif. Elle tient sa revanche ! H24, c’est 24h dans la vie d’une femme : vingt-quatre courts métrages inspirés de faits réels et engagés contre les violences faites aux femmes.

Emprise, revenge porn, féminicide, codes vestimentaires sexistes… : H24 éclaire les diverses formes d’abus dont peuvent souffrir les femmes à chaque heure du jour et de la nuit, à travers une collection de vingt-quatre courts métrages inspirés de faits réels. S’inscrivant dans une esthétique commune, chaque film entrelace brillamment littérature et cinéma. À la force des monologues en différentes langues européennes et proposées en versions sous-titrées s’ajoute l’interprétation subtile et poignante des comédiennes. Transcendant les individualités, les récits, écrits par une pléiade d’auteures talentueuses dessinent les contours d’un fléau systémique sans laisser place à la fatalité, racontant aussi l’insoumission et la riposte, narquoise ou cinglante. Poétique et tragique, un appel à la sororité et à la parole libérée.

  • Avec Tallulah Burns
  • Réalisation Marie-Castille Mention-Schaar
  • Auteure Kerry Hudson
  • Production Les Batelières Productions
  • Musique Léonie Pernet
  • Pays France
  • Année 2021

L’affaire Nevenka

Culture

Film de Icíar Bollaín– Espagne 2024 – 1h57mn – avec Mireia Oriol, Urko Olazaba et Ricardo Gómez

L’affaire Nevenka représente, sur un ton relativement juste, la manipulation qui est exercée dans le cadre de violences coercitives. En effet, ce film tiré d’une histoire vraie nous montre le difficile parcours de Nevenka Fernandez, jeune élue d’un conseil municipal victime de harcèlement moral et sexuel au travail par son supérieur, le maire de Ponferrada.

Elle a été le premier cas #Metoo politique en Espagne (cette affaire a eu lieu au tout début des années 2000). C’est un biopic qui fait ressentir le malaise et l’acharnement que lui a fait subir Ismael Alvarez, condamné à la suite de sa plainte mais aussi la dureté d’un procès pour harcèlement sexuel et la violence de l’institution juridique.

Film : La maison des femmes

Culture

De Mélisa Godet – France 2026 – 1h5Omn – avec Oulaya Amamra, Karin Viard, Laëtitia Dosch et Eye Haïdara

Le premier long-métrage de Mélisa Godet s’annonce comme un film puissant sur les travailleuses médico-sociales et sur les équipes de soignantes trop souvent dans l’ombre.

D’après AlloCiné le film montre “une équipe [qui] se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.

Une belle promesse pour visibiliser le travail de ce collectif crée en 2021, 4 ans après l’ouverture de la première maison des femmes à Saint-Denis et qui compte aujourd’hui plus de 30 maisons (lieux d’accueils et d’accompagnement des femmes victimes de violences) réparties en France métropolitaine, Outre-Mer et Belgique. Avec à l’affiche Karin Viard, Laëtitia Dosch, Oulaya Amamra et Eye Haïdara.

Livre : TES DROITS et TES BESOINS comptent 

Culture

Avec 2 livres sortis en 2025, Mai Lan Chapiron nous invite à s’intéresser à son travail autour de la prévention des violences faites aux enfants et notamment l’inceste. 

Elle a publié « TES DROITS et TES BESOINS comptent », un livre qui permet aux enfants de 6 à 12 ans de comprendre leurs droits inscrits dans la Convention relative aux droits de l’enfant (CIDE). Co-écrit avec le juge Edouard Durand, spécialiste de la protection de l’enfance, ce livre est un super outil à mettre à disposition de tous les enfants. Sur son site « mille miettes », elle répertorie tous ses livres mais aussi ses interventions et interviews ou encore des affiches en libre accès à l’attention des enfants.

«Les graines de figuier sauvage» de Mohammad Rasoulof

Culture

Lauréat du Prix spécial du jury au Festival de Cannes 2024, ce film rend hommage au mouvement «Femme Vie Liberté».

Reflet d’un Iran contraint et secoué, il explore les ressorts du mouvement dans une construction intime et politique à la fois. Dans un huis clos familial, au sein d’un appartement, le film raconte l’histoire d’un pays entier avant de basculer dans une intrigue palpitante.

Synopsis

Iman vient d’être promu juge d’instruction au tribunal révolutionnaire de Téhéran lorsqu’un vaste mouvement de protestations populaires secoue le pays. Dépassé par l’ampleur des événements, il se confronte à l’absurdité et aux injustices du système, mais choisit de s’y conformer.
À la maison, ses deux filles, Rezvan et Sana, étudiantes, soutiennent le mouvement avec virulence, tandis que sa femme, Najmeh, tente de ménager les deux camps. La paranoïa s’empare d’Iman lorsque son arme de service disparaît mystérieusement.