Comment savoir si les démarches engagées après des violences ont elles-mêmes généré de nouvelles souffrances ? C’est à cette question que répond le projet de développement de l’Échelle d’évaluation de la revictimisation institutionnelle chez les femmes victimes de violences conjugales en France (ERI-FR).
Cet outil vise à évaluer les expériences de victimisation institutionnelle vécues par les femmes ayant engagé une procédure judiciaire après des violences au sein du couple.
Pourquoi développer un nouvel outil ?
Les victimes de violences conjugales sont confrontées à de nombreuses conséquences liées aux violences subies. L’objectif de l’ERI-FR est de vérifier qu’une souffrance supplémentaire n’a pas été induite par le parcours judiciaire lui-même.
Une construction scientifique
L’élaboration de l’outil repose sur une méthodologie rigoureuse associant des entretiens réalisés auprès de dix femmes victimes, une revue de la littérature scientifique, l’expertise de cinq spécialistes du sujet ainsi qu’un prétest mené auprès de cinquante participantes.
Quatre dimensions évaluées
La version finale comprend 19 items répartis en quatre dimensions :
- Discréditation et culpabilisation : remise en cause de la parole ou responsabilisation de la victime.
- Hostilité institutionnelle : attitudes perçues comme peu empathiques, hostiles ou sexistes.
- Gestion défaillante du dossier : difficultés administratives, manque de coordination ou insuffisance de formation.
- Insuffisance de suivi : absence d’accompagnement après le dépôt de plainte ou difficultés liées aux mesures de protection.
À quoi servira-t-elle ?
L’ERI-FR pourra contribuer à évaluer la qualité des réponses institutionnelles, identifier les situations de revictimisation institutionnelle, mesurer l’impact des formations professionnelles, accompagner l’évaluation des politiques publiques et soutenir les travaux de recherche.
Actuellement en cours d’évaluation, cette échelle sera prochainement mise à disposition. Elle pourra être utilisée par les partenaires de l’Observatoire afin d’améliorer les pratiques professionnelles et les parcours de prise en charge des femmes victimes de violences au sein du couple.