Jour : 25 mars 2026

Violences sexistes et sexuelles en France : de quoi parle- t-on ?

Contre les violences faites aux femmes

En France, l’expression « violences sexistes et sexuelles » est de plus en plus utilisée dans le débat public, les médias et les politiques publiques. Mais derrière cette formule large se cache une réalité complexe, multiforme et encore largement sous-estimée.

Une définition large, ancrée dans les inégalités de genre

Les violences sexistes et sexuelles désignent l’ensemble des violences exercées en raison du genre d’une personne. Elles touchent majoritairement les femmes et s’inscrivent dans un contexte d’inégalités persistantes.

Les violences peuvent être verbales, psychologiques, physiques, sexuelles, économiques ou symboliques, et se produire aussi bien dans l’espace privé, (Violences intrafamiliales, au sein du couple) que dans l’espace public, au travail, à l’école ou en ligne. Ces dernières, qui sont de plus en plus nombreuses, sont nommées cyberviolences, il s’agit, la plupart du temps, de « revenge porn » :  vengeance pornographique, un phénomène qui désigne le fait de rendre publique, sans le consentement de la victime, des images ou propos à caractère érotique échangés dans un cadre privé. Il peut s’agir aussi de menaces, de harcèlement en ligne… 

Des formes multiples, souvent banalisées

Les violences sexistes et sexuelles recouvrent notamment :

  • le sexisme ordinaire (propos dégradants, stéréotypes, humiliations)
  • le harcèlement sexuel (remarques, gestes, pressions à connotation sexuelle)
  • le harcèlement de rue
  • les agressions sexuelles
  • le viol
  • le féminicide

Une réalité massive, mais encore sous déclarée

Les chiffres montrent l’ampleur du phénomène : une femme sur trois déclare avoir été victime de violences sexistes ou sexuelles au cours de sa vie. Pourtant, seule une minorité des victimes dépose plainte.

La peur des représailles, la honte, la dépendance économique, le manque de preuves, la crainte de ne pas être crue ou la complexité des démarches judiciaires expliquent en grande partie ce silence. Dans les violences sexuelles, en particulier, l’immense majorité des faits ne donne lieu à aucune procédure judiciaire.

Cette proximité rend la dénonciation plus difficile et accentue l’emprise psychologique sur les victimes.

Un enjeu de société  et de santé publique

Les violences sexistes et sexuelles ont des conséquences durables : traumatismes psychologiques, troubles de la santé, ruptures professionnelles, isolement social, précarité économique. Elles constituent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique, mais aussi un défi démocratique.

Depuis plusieurs années, la parole des victimes s’est libérée, notamment grâce aux mouvements féministes. Cette visibilité accrue a permis des avancées législatives et une meilleure prise de conscience collective, sans pour autant mettre fin à l’impunité ni aux résistances culturelles.

Nommer pour combattre

Parler de violences sexistes et sexuelles, c’est reconnaître que ces violences ne sont ni accidentelles ni individuelles. Elles sont le produit de rapports de domination encore profondément ancrés dans la société.

Les nommer, les mesurer et les rendre visibles est une étape essentielle pour mieux les prévenir, mieux protéger les victimes et faire reculer un phénomène qui, en France, reste massif et systémique.

Béatrice BERTRAND
Directrice du CIDFF GARD

Comprendre la différence entre plainte, main courante et signalement au parquet

Droit & législation

Comprendre la différence entre plainte, main courante et signalement au parquet

Face aux violences conjugales, plusieurs dispositifs permettent de saisir ou d’alerter la justice en France. Plainte, main courante, signalement au parquet : ces démarches, souvent confondues, n’ont pourtant ni la même portée ni les mêmes conséquences pour les victimes.

1. La plainte : déclenchement de la procédure pénale.

La plainte est une démarche par laquelle la victime signale une infraction pénale et demande l’intervention de la justice. Elle peut être déposée auprès de la police, de la gendarmerie, ou directement auprès du procureur de la République.

Dans les affaires de violences conjugales, la plainte entraîne la transmission du dossier au parquet, qui décide des suites à donner : ouverture d’une enquête, poursuites pénales, mesures de protection ou classement sans suite. Elle constitue le socle de la réponse judiciaire et permet la reconnaissance officielle du statut de victime.

Les forces de l’ordre ont l’obligation légale d’enregistrer une plainte et ne peuvent orienter la victime vers une autre démarche contre sa volonté.

2. La main courante : une trace sans poursuites

La main courante consiste à faire consigner des faits par les services de police ou de gendarmerie, sans déclencher de procédure judiciaire. Elle ne donne lieu ni à une enquête ni à des poursuites pénales, et le procureur de la République n’est en principe pas saisi.

Dans le cadre des violences conjugales, la main courante est parfois présentée comme une solution intermédiaire ou moins engageante. En réalité, elle n’offre aucune protection immédiate à la victime. Elle peut servir à établir une chronologie des faits en cas d’aggravation, mais elle ne constitue pas une réponse judiciaire adaptée à une situation de violence.

3. Le signalement au parquet : alerter la justice sans plainte

Le signalement au parquet permet d’informer le procureur de la République de faits de violences conjugales, même en l’absence de plainte de la victime. Il peut être effectué par les forces de l’ordre, des professionnels de santé, des travailleurs sociaux ou certaines institutions.

Ce dispositif répond à une réalité fréquente : de nombreuses victimes ne portent pas plainte, par peur, sous emprise ou par manque de ressources. Le signalement vise alors à permettre une évaluation du danger et une éventuelle intervention judiciaire.

À réception du signalement, le procureur peut décider d’ouvrir une enquête, de convoquer les personnes concernées, de diligenter une évaluation de la situation ou, dans certains cas, de classer le dossier.

Si ces dispositifs coexistent, leurs effets sont profondément inégaux.

  • La plainte engage pleinement la justice.
  • La main courante se limite à une trace administrative.
  • Le signalement au parquet constitue une alerte, mais ne garantit ni poursuites ni protection automatique.

Dans les politiques publiques de lutte contre les violences conjugales, l’enjeu est donc double : mieux informer les victimes sur leurs droits et éviter que certaines démarches, moins contraignantes en apparence, ne retardent une prise en charge judiciaire indispensable.

Un choix aux conséquences déterminantes

Dans un contexte où les violences conjugales restent massives, la distinction entre ces trois dispositifs n’est pas seulement juridique. Elle conditionne l’accès à la protection, à la reconnaissance et à la justice.

Comprendre ces mécanismes, c’est aussi rappeler que la réponse aux violences conjugales ne peut reposer uniquement sur le courage des victimes, mais sur une mobilisation effective de l’ensemble des institutions.

Tableau récapitulatif

 PlainteMain couranteSignalement au parquet
Qui peut initier la démarche ?La victime (ou son représentant légal)La victimeTiers : police, professionnels de santé, travailleurs sociaux, institutions
Saisine du procureur✅ Oui❌ Non✅ Oui
Déclenche une enquête✅ Possible❌ Non✅ Possible
Engage des poursuites pénales✅ Possible❌ Non⚠️ Pas automatique
Protection immédiate✅ Possible❌ Aucune⚠️ Éventuelle
Valeur juridiqueForteFaibleIntermédiaire
Reconnaissance du statut de victime✅ Oui❌ Non⚠️ Partielle
Utilité principaleFaire juger les faits et protéger la victimeLaisser une trace administrativeAlerter la justice en cas de danger
Adaptée aux violences conjugales✅ Oui⚠️ Très limitée⚠️ En complément
Peut remplacer une plainte ?❌ Non❌ Non

Béatrice BERTRAND
Directrice du CIDFF GARD

Protéger les victimes et prévenir la récidive : l’action du parquet de Nîmes

Droit & législation

Interview de Madame Nathalie WELTE, Procureure de la République adjointe, Tribunal judiciaire de Nîmes

Quel traitement judiciaire des violences intra-familiales au parquet de Nîmes ?

Le traitement des violences intra-familiales est assuré au sein du parquet de Nîmes par trois magistrates spécialisées en matière d’infractions commises au sein de la famille, avec l’aide d’une attachée de justice rattachée à cette section. Elles traitent au quotidien et en temps réel l’ensemble des faits de violences intra-familiales survenant sur le ressort, dans le cadre d’une politique pénale déclinée en trois axes majeurs : la protection des victimes, la répression des faits de violence et la prévention de la récidive. Une réponse pénale systématique est apportée aux faits de violences commis au sein du couple, graduée en fonction de la gravité des faits et de la personnalité de l’auteur. Elle va de la composition pénale (qui peut comprendre une obligation de suivre un stage de sensibilisation aux violences commises au sein du couple ou encore une interdiction de contact avec la victime) à la comparution immédiate devant le tribunal avec réquisitions de mandat de dépôt, en passant par la convocation remise dans le cadre d’un déferrement par la procureure de la République et assortie d’un placement sous contrôle judiciaire.

Quels sont les outils de protection que vous utilisez ?

Afin de prendre en compte les besoins de protection spécifiques de chaque victime de violences conjugales, une première évaluation est réalisée au stade de la prise de plainte par les officiers de police judiciaire, à l’aide d’une trame d’audition spécifique complétée par une grille d’évaluation du danger. Ces documents sont transmis dès le début de l’enquête au parquet, qui peut décider de confier à l’Association Gardoise d’ Aide aux Victimes d’ Infractions Pénales (AGAVIP) une mission d’évaluation approfondie de la situation de la victime et/ou de solliciter le centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) pour évaluer la nécessité de lui remettre un téléphone grave danger. La connaissance de la situation et des besoins exprimés par la victime permet également d’adapter la réponse pénale, notamment en imposant à l’auteur, rapidement après les faits et en amont de son jugement, une interdiction de contact ainsi, le cas échéant, qu’une éviction du domicile. Ces interdictions peuvent, dans les situations les plus graves, être assorties de l’obligation pour l’auteur de porter un bracelet anti-rapprochement. Ce dispositif permet de surveiller en temps réel l’absence de contact entre l’auteur et la victime. Enfin, la suspension automatique depuis la loi du 18 mars 2024 des droits de visite et d’hébergement du parent auteur à l’égard des enfant communs, dès le stade des poursuites, est de nature à garantir la sécurité à la fois des enfants et du parent victime.

Quelles sont les nouveautés pour l’année 2026 en matière de violences intra-familiales ?

L’année 2026 va être celle de la création des audiences dédiées aux violences intrafamiliales, dans une logique de spécificité de ce contentieux et de spécialisation des intervenants en la matière. Les premières audiences se tiendront au printemps 2026 et permettront notamment une présence accrue de l’ Association Gardoise d’Aide aux Victimes d’ Infractions Pénales (AGAVIP) au soutien des victimes convoquées. Un travail est mené en parallèle au sein du pôle spécialisé associant magistrats du siège et du parquet afin de réunir dans le dossiers concernés un maximum d’informations sur la famille, notamment s’agissant des décisions prises par le juge aux affaires familiales ou le juge des enfants. Enfin, la juridiction investit désormais pleinement les outils numériques de suivi de la politique pénale en matière de violences intrafamiliales, et continuera d’animer les instances partenariales précieuses pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes.

Nathalie WELTE,
Procureure de la République adjointe, Tribunal judiciaire de Nîmes

Réhabiliter les femmes condamnées pour avortement : le premier pas de la réparation

Actions pour les droits des femmes, Droit & législation

50 ans après la dépénalisation de l’avortement, la France souhaite réparer une injustice et restaurer la dignité de toutes les femmes condamnées.

Plus de 11 660 personnes ont été condamnées pour avoir pratiqué ou eu recours à un avortement de 1810 et ce jusqu’en 1975. (Donc avant son abrogation par la loi du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de la grossesse – IVG)

*Référence : Loi du 29 décembre 2025 visant à reconnaître le préjudice subi par les personnes condamnées sur le fondement de la législation pénalisant l’avortement et par toutes les femmes avant la loi n° 75-17 du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de la grossesse.

Photolangage® : comprendre comment les stéréotypes de genre nourrissent les inégalités et les violences faites aux femmes

Culture, Égalité Femmes-hommes

Le réseau départemental des droits des femmes du Gard s’est doté d’un nouvel outil pédagogique : le Photolangage®, dédié au continuum des violences faites aux femmes.

Depuis septembre 2025, un groupe de travail pluridisciplinaire réunit de nombreux partenaires gardois pour concevoir cet outil.

Ce collectif rassemble des structures issues de champs variés : éducation populaire, jeunesse, éducation à la vie relationnelle et sexuelle, accompagnement des femmes et des victimes, action sociale ou encore inclusion des publics vulnérables. Il bénéficie également du soutien de l’association Photolangage® et de la mission égalité femmes-hommes du Conseil départemental du Gard.

Ancré dans la réalité de terrain, le travail s’appuie sur une enquête ayant recueilli 50 contributions. Les témoignages, issus de différents espaces de vie (famille, école, travail, réseaux sociaux, institutions), mettent en lumière des expériences concrètes et révélatrices des mécanismes sociaux.

Les analyses font apparaître : sexisme ordinaire, stéréotypes de genre, charge mentale, inégalités salariales et banalisation des violences sexistes et sexuelles. Ces phénomènes, souvent décrits dans le quotidien, s’inscrivent en réalité dans un système social plus large, à la fois à l’échelle des interactions individuelles et des organisations et normes culturelles.

La banalisation des violences contribue à freiner la parole et à renforcer l’impunité. Les contributions soulignent également l’influence des médias et des réseaux sociaux dans la diffusion de normes genrées, ainsi que la nécessité de nommer les mécanismes à l’œuvre, notamment autour de la culture du viol et des rapports de domination.

Face à ces constats, le groupe de travail insiste sur l’importance de passer de la prise de conscience à l’action collective. Le Photolangage® permettra de travailler sur la déconstruction des stéréotypes, le consentement, le respect de soi et des autres, ainsi que sur l’implication de toutes et tous te donc des hommes et des garçons comme acteurs du changement.

Parmi les priorités identifiées, figurent également la formation au repérage des violences et la sécurisation des espaces de parole, en lien avec les travaux de l’Observatoire des violences faites aux femmes.

Ce travail rappelle enfin que les violences faites aux femmes et les inégalités de genre ne relèvent pas de situations isolées, mais d’un système de normes profondément ancré.

Dans la continuité des travaux du Haut Conseil à l’Égalité, quatre visées éducatives ont été retenues :

  • déconstruire et transformer les stéréotypes de genre,
  • prendre conscience et comprendre l’organisation sociétale des inégalités,
  • comprendre le continuum des violences faites aux femmes et ses configurations contemporaines,
  •  permettre à chacune et chacun d’être actrice et acteur du changement.

Journée Hybride sur les dissociations traumatiques

Santé

Le Centre Régional pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles du Languedoc Roussillon (CRIAVS-LR) du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpellier organise une journée hybride grand public gratuite sur le thème « dissociation traumatique : quand l’esprit se coupe de ce qu’il vit. Quelle place chez les victimes et auteurs de violences sexuelles ? »

📍 Amphithéâtre Lapeyronie – CHU de Montpellier

📅 le 4 juin 2026 de 9h à 17h

Cette journée réunira cliniciens, experts psychiatriques et juridiques pour mieux comprendre les mécanismes de dissociation traumatique, ses manifestations chez les victimes et les enjeux qu’elle soulève dans la compréhension et l’accompagnement des auteurs.

Le non-consentement est inscrit dans la loi

Droit & législation

« Constitue une agression sexuelle tout acte sexuel non consenti commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur […]. »
Article 222-22 du code pénal

La loi pénale du 6 novembre 2025 intègre explicitement le non-consentement de la victime dans la définition du viol et des autres agressions sexuelles.

Elle précise que le consentement doit être libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable. L’objectif est de passer d’une culture du viol à une culture du consentement.

La Fédération nationale des centres d’information des femmes et des familles (FN-CIDFF) parle d’« une victoire pour les droits des femmes et une avancée pour toutes les victimes ».

Qu’est-ce que cela change ?

Un changement dans la manière d’enquêter

L’introduction du consentement dans la définition pénale du viol change le regard porté sur l’enquête.

Le travail des magistrates et magistrats s’oriente désormais vers une question centrale :
quels moyens la personne accusée a-t-elle mis en place pour s’assurer du consentement libre, continu et éclairé de l’autre personne ?

La loi invite aussi à mieux prendre en compte les circonstances du contexte, par exemple :

  • une relation d’autorité ou de pouvoir ;
  • une situation de vulnérabilité de la victime.

La question devient plutôt : la personne accusée a-t-elle pris des mesures raisonnables pour s’assurer du consentement ?
Ces mesures doivent être évaluées au regard de la situation et du contexte.

Violences sexuelles : « À hauteur de victimes » le rapport qui appelle à un changement d’échelle pour prévenir la victimisation secondaire

Contre les violences faites aux femmes, Droit & législation

Le nouveau rapport du groupe de travail consacré au traitement judiciaire des violences sexuelles dresse un constat sans ambiguïté : les violences sexuelles restent massives, systémiques, et encore largement invisibilisées.

Le rapport appelle à recentrer pleinement la justice sur les victimes et à prévenir la victimisation secondaire, encore trop fréquente : auditions multiples, information insuffisante, décisions peu lisibles ou tardives.

5 axes de travail se dessinent et investissent la formation obligatoire des professionnels (magistrats, enquêteurs, avocats, experts, médecins), l’extension des pôles spécialisés aux violences sexistes et sexuelles pour une réponse plus cohérente, l’organisation d’un accompagnement continu dès la plainte, incluant avocat, associations d’aide aux victimes et aide juridictionnelle élargie, la systématisation des évaluations du danger (EVVI) et la création de nouveaux outils protecteurs comme l’ordonnance de restriction et d’éloignement hors cadre conjugal et enfin l’amélioration des conditions d’audition et de l’accueil dans les palais de justice, afin de garantir dignité et sécurité.

Violences faites aux femmes : des pistes pour une justice plus adaptée dans le rapport VIF

Contre les violences faites aux femmes

Un rapport (nov. 2025) consacré aux violences faites aux femmes propose de repenser la manière dont la justice traite ces situations. Il invite notamment à mieux prendre en compte les rapports de domination entre les femmes et les hommes, présentés comme une « boussole stratégique » pour comprendre ces violences.

Le document dresse un état des lieux du fonctionnement de la justice : il souligne les progrès réalisés, mais aussi les améliorations nécessaires. Parmi les pistes évoquées figurent notamment la formation des magistrates et magistrats, en s’appuyant davantage sur les apports des sciences humaines et sociales, ainsi qu’une spécialisation de la justice sur ces questions.

Plusieurs évolutions concrètes sont proposées. Le rapport souligne par exemple le manque de données statistiques produites par la justice pour mieux qualifier et suivre les violences. Il recommande aussi de revoir certaines pratiques administratives, comme l’expression « classement sans suite », qui pourrait être remplacée par « enregistrer sans poursuite », afin d’éviter une formulation perçue comme trop sèche ou injuste par les victimes.

La question de la protection des enfants est également abordée. Le rapport insiste sur la nécessité de mieux protéger les enfants exposés aux violences, sans faire porter systématiquement la responsabilité sur les mères.

Il pointe aussi un manque important de données en France sur les infanticides, et appelle à la création d’outils statistiques permettant de mieux comprendre et prévenir ces situations.

Parmi les propositions structurelles figure la création d’un juge spécialisé dans les violences intrafamiliales, capable de traiter à la fois les aspects pénaux et civils d’un dossier. L’objectif est d’assurer une prise en charge plus cohérente et plus globale des situations.

Enfin, il propose de mieux évaluer les dommages psychiques subis par les victimes, en développant des outils plus adaptés que la seule référence à l’incapacité totale de travail (ITT).

Au-delà de ces mesures, l’ambition générale du rapport est claire : construire une justice plus efficace, plus cohérente et plus humaine face aux violences intrafamiliales.

Le consentement expliqué avec une tasse de thé

Culture

La vidéo Tea Consent de Blue Seat Studios explique simplement le consentement aux relations sexuelles en utilisant la métaphore d’une tasse de thé.

Dans cette animation de 2 min 50, différents personnages illustrent des situations où l’on propose ou refuse du thé. La voix off invite le public à remplacer le thé par une relation sexuelle pour mieux comprendre la notion de consentement. Un outil pédagogique efficace, même pour les plus jeunes (dès 3 ans). Efficace !